
C’est le cauchemar numéro un de tout éleveur de volailles. Dès que les températures s’adoucissent au printemps, le pou rouge (Dermanyssus gallinae) fait son apparition. Ce minuscule acarien parasite ne vit pas sur la poule, mais dans l’environnement du poulailler. Il attend la nuit pour venir piquer vos poules et se nourrir de leur sang, provoquant anémie, stress, baisse de ponte et, dans les cas les plus graves, la mort des oiseaux.
Voici la méthode complète pour mener la guerre contre ce parasite : de la détection à l'éradication naturelle.
Le pou rouge est vicieux : la journée, il est totalement invisible car il fuit la lumière et se cache dans les moindres interstices du poulailler (fissures du bois, jointures, sous les perchoirs ou dans les charnières).
Pour savoir si votre poulailler est infesté, utilisez ces 3 techniques imparables :
Le test du mouchoir blanc (La nuit) : Équipez-vous d’une lampe torche et rendez-vous au poulailler environ 2 heures après la tombée de la nuit. Frottez un essuie-tout ou un mouchoir blanc sous les perchoirs et dans les angles. Si le papier ressort taché de petites traces de sang ou de minuscules points gris/rouges qui bougent, l'infestation est là.
L’aspect « poussière de suie » : Observez les extrémités des perchoirs en plein jour. Si vous remarquez des amas de poussière grisâtre ou blanchâtre semblable à de la cendre de cigarette, ce sont des résidus de déjections et de mues de poux.
Le comportement de vos poules : Vos poules hésitent ou refusent catégoriquement de rentrer dormir au poulailler le soir ? Elles se grattent frénétiquement la nuit ou leur crête devient anormalement pâle ? Elles sont probablement attaquées chaque nuit.
Si le diagnostic est positif, il faut agir vite. Une population de poux rouges peut doubler en moins d'une semaine. Voici le protocole de nettoyage d'attaque :
Sortez vos poules de l'enclos. Videz l'intégralité de la litière et brûlez-la ou enfermez-la hermétiquement dans un sac poubelle (ne la mettez surtout pas au compost, les poux y survivraient). Rincez tout le poulailler au nettoyeur haute pression.
Les poux rouges et leurs œufs meurent instantanément à une température supérieure à 60°C.
Le chalumeau à gaz : Passez délicatement la flamme d'un chalumeau de bricolage ou de jardinage dans toutes les rainures, fentes du bois et fixations de perchoirs. Vous entendrez un petit crépitement : ce sont les poux qui brûlent. (Attention à ne pas enflammer le bois !)
Le nettoyeur vapeur : Si vous craignez le feu, un nettoyeur vapeur de type Vaporetto dirigé dans les fentes est tout aussi redoutable.
Une fois le poulailler sec, utilisez de la terre de diatomée blanche (non calcinée). Cette poudre naturelle, composée de micro-algues fossilisées, agit comme des rasoirs microscopiques. Elle coupe les articulations des poux qui s'y frottent, les déshydrate et les tue en quelques jours.
Comment l'appliquer : Saupoudrez-en partout sur le sol nu, et insistez lourdement sur les zones de contact des perchoirs. Vous pouvez aussi la mélanger à de l'eau pour la pulvériser au pinceau sur les parois (en séchant, elle redevient active).
Pour ne plus jamais revoir ces parasites, la prévention doit devenir une routine automatique.
Le barrage d'huile sur les perchoirs : Les poux doivent obligatoirement grimper le long des pieds des perchoirs pour atteindre vos poules. Badigeonnez les fixations et les extrémités des perchoirs avec de l'huile alimentaire classique (ou de l'huile de vidange végétale). L'huile gluante va piéger les poux qui s'y engluent et meurent étouffés. Vous pouvez aussi fabriquer des perchoirs suspendus qui baignent dans de petits gobelets remplis d'huile.
Aménager un bac à poussière "anti-poux" : Les poules adorent prendre des bains de terre pour nettoyer leurs plumes. Mettez à leur disposition un grand bac contenant un mélange de sable, de cendres de bois (très riches en silice répulsive) et de terre de diatomée. Elles se traiteront elles-mêmes en s'amusant.
Le choix du matériau : Si vous devez changer de poulailler, sachez que les structures en plastique (HPL) sont beaucoup moins sujettes aux poux rouges que le bois, car elles n'offrent aucune porosité ni fissure pour que les parasites puissent s'y cacher la journée.